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Cas concrets

Ma veille IA jette presque tout ce qu'elle lit — et c'est exactement ce que je lui demande

Une bonne veille est une veille qui ne rate rien… Ah bon ?

J'ai construit la mienne sur le principe inverse : elle lit une soixantaine d'articles par semaine et en jette l'écrasante majorité. Ce qui m'arrive le lundi matin, le temps d'un petit café, c'est ce qui a survécu à un tri sans pitié. Et c'est précisément ce tri — pas la collecte — qui fait toute sa valeur.

Mon problème n'a jamais été de manquer d'information

Pendant longtemps, ma veille a ressemblé à celle de beaucoup de dirigeants : dix minutes grattées entre deux rendez-vous, un fil d'actualité parcouru en diagonale, deux ou trois onglets laissés ouverts « pour lire plus tard » et jamais rouverts. Beaucoup de temps dépensé, de la charge mentale et la sensation tenace de passer, malgré tout, à côté de l'essentiel.

La tentation, quand on veut régler tout ça, c'est de tout centraliser : brancher un agrégateur, rassembler toutes ses sources au même endroit. C'est utile, mais c'est largement insuffisant — et seul, ça peut même aggraver les choses. Une fois mes onze sources réunies, je me retrouvais avec une soixantaine d'articles déversés chaque semaine. J'avais simplement remplacé mes onglets oubliés par un dossier que je n'ouvrais pas davantage.

Le problème d'un dirigeant n'a jamais été de manquer d'information. C'est d'en recevoir trop. Une veille qui collecte sans trier ou jeter des informations qui ne lui sont pas utiles ne résout rien. Ça déplace juste le problème. C'est même contreproductif !

Un bon système assume de jeter

La vraie décision se prend en amont : par défaut, lorsqu'un article arrive, il ne vaut rien. Pour survivre et arriver dans mon mail du lundi matin, il doit mériter sa place. Chaque article récupéré passe devant un juge — un modèle d'IA lui attribue une note de 0 à 100 — et il part systématiquement avec un a priori défavorable. Il ne gagne des points que s'il démontre une utilité réelle pour mon projet d'entreprise, mon marché, mon secteur et ma manière de fonctionner.

On appelle cela le contexte de l'entreprise et il est primordial pour ce tri.

Ensuite, le système fait ce que la plupart des outils se refusent à faire : il jette massivement, et sans état d'âme. Là où la majorité des services cherchent à tout capter, par peur de rater quelque chose, le mien assume l'inverse. Tout ce qui passe sous la barre des 60 est écarté sans pitié car trop éloigné de mon contexte. Et même après ça, il ne retient que les dix meilleurs — pas un de plus, même une semaine faste.

On a donc deux filtres :

  1. Un concours d'entrée, de sélection (note > 60)
  2. Un numerus clausus hebdomadaire (seulement 10 places disponibles)

Mais cela veut dire qu'une semaine creuse ne m'enverra que trois articles, ou un seul, sans aller repêcher du contenu médiocre hors contexte juste pour faire le nombre. Et ça je l'assume !

Ce double réglage n'a l'air de rien, mais c'est lui qui change tout. Le plafond me protège du bruit ; le plancher me protège de la dilution. Le volume de ma veille est décidé, il n'est plus subi. Plus de charge mentale inutile !

Est-ce que je laisse parfois filer une information qui méritait mieux ? Très certainement. C'est mon pari assumé : mieux vaut rater une miette de temps en temps que me noyer avec des informations peu utiles. Je sélectionne ce qui est important pour moi et mon projet. Le vrai luxe que m'offre ce système, au fond, ce n'est pas ce qu'il me montre — c'est tout ce qu'il a choisi de ne pas me montrer.

Pour jeter, il faut savoir au nom de quoi

Jeter beaucoup ne veut pas dire jeter au hasard. Pour écarter plus de huit articles sur dix, encore faut-il un critère solide — et ce critère, c'est tout sauf une question technique.

Le mien tient en une phrase : un dirigeant de petite entreprise type PME/PMI, non technique, peut-il en tirer quelque chose de concret au regard de son contexte ? Un exemple concret : récemment, en tête de ma revue, un tutoriel pour faire tourner une IA sur sa propre machine sans envoyer ses données hors d'Europe — noté 85, c'est parfaitement le genre d'information qu'une PME peut saisir et mettre en œuvre. La même semaine, une levée de fonds de plusieurs centaines de millions dans l'IA. Cette information, bien qu'intéressante, n'a pas franchi le filtre : c'est spectaculaire pour la presse économique, mais sans le moindre effet sur mon lundi.

Ce n'est pas l'IA qui décide de cette ligne : c'est moi. Elle ne fait qu'appliquer, semaine après semaine, un jugement que j'ai défini et que je peux réajuster. Ce tri n'a rien de neutre — il encode un point de vue sur ce qui est utile pour un futur chef d'entreprise comme moi. C'est la seule partie qui ne se fait pas toute seule. On l'étudie, on l'analyse, on la contextualise - c'est un travail de fond.

Le réglage qu'aucune démonstration ne montre

Vu de l'extérieur, c'est un mail tous les lundis, formaté avec les articles triés. Vu de l'intérieur, c'est une poignée de décisions qu'aucune démonstration ne met en avant.

Pourquoi la barre est-elle à 60 et pas à 50 ? Pourquoi dix articles et pas vingt ? Ces seuils ne se devinent pas ; ils se règlent à l'usage, en regardant ce qui passe et ce qu'on regrette d'avoir laissé filer.

Et puis il y a tout ce qui ne se voit jamais : une source qui tombe en panne, une page qui refuse de se charger, un service qui met trop de temps à répondre. Un système fragile s'arrête au premier grain de sable. Le mien met de côté ce qui coince et continue, sans jamais me réveiller un dimanche soir avec une alerte.

Faire tourner cette machine me coûte quelques centimes par semaine — moins de deux euros par an. Ce qui a demandé du travail, ce n'est pas la machine : c'est de décider ce qu'elle doit faire, et surtout de m'assurer qu'elle le fera aussi bien dans six mois qu'elle ne le fait maintenant. C'est toute la différence entre brancher un outil, qui marche le jour de la démonstration, et concevoir un système, qui tient des mois sans qu'on ait à le surveiller. Comment la machine tourne, je l'oublie presque. Elle me fait vivre une routine hebdomadaire qui finit par rentrer dans mon planning naturellement.

Ce que ça vaut, au-delà de ma veille

Ce que j'ai fait pour ma veille vaut pour la plupart des flux qui submergent une petite structure : les notifications qui s'accumulent, les avis clients dispersés sur cinq plateformes, les appels d'offres d'un secteur à surveiller ou encore les mails de sollicitation qu'un chef d'entreprise reçoit en nombre. À chaque fois, la même règle : la valeur n'est pas dans le tuyau qui apporte l'information, elle est dans le jugement qui décide. Qu'est-ce qu'on garde ? Qu'est-ce qu'on écarte ?

C'est précisément ce que je prépare avec ICyam : des automatisations qui ne se contentent pas de brasser de l'information, mais qui assument d'en jeter selon ce qui compte pour vous, selon votre contexte. Poser le tuyau, beaucoup savent le faire. Décider de ce qui mérite votre attention, c'est une autre affaire.

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